dimanche 24 août 2014

Les sorties françaises de Blanche Neige et les sept nains. Chapitre 3 : 1962

Alors que Blanche Neige est ressorti aux États-Unis en 1958 chez Buena Vista, on prépare une sortie coordonnée dans plusieurs pays pour ce noël 1962. Comme un nouveau générique américain a dû être créé pour effacer le nom de la RKO qui distribuait le film jadis, on filme de nouveaux génériques étrangers dans le même but.
Mais Blanche Neige se doit d'être et de rester la plus belle de toute. Or, Walt Disney n'a jamais beaucoup apprécié les versions étrangères de ses premiers long métrages. Certains d'entre-eux n'ont même pas eu droit à une traduction de toutes leurs chansons (Bambi, Dumbo) en France et dans le cas de Blanche Neige, non seulement les chœurs étaient internationaux (et chantaient sans paroles), mais surtout, la qualité sonore de l'enregistrement n'avait jamais entièrement donné satisfaction. De façon plus générale, on se rappelle que le gros des critiques lors de la sortie initiale se rapportaient à la version française, à la qualité de la traduction et aux accents des expatriés qui l'avaient enregistrée.

La solution est toute trouvée : redoubler le film avec une nouvelle traduction. Pour ce faire, on confie l'adaptation à Louis Sauvat. L'enregistrement se fait à la S. P. S., Société Parisienne de Sonorisation, 8 rue Leredde, Paris 13.


Lucie Dolène en 1956
Pour le rôle de Blanche Neige, à l'image du premier doublage français, on imagine prendre une chanteuse pour la voix chantée et une actrice pour la voix parlée. Lucie Dolène n'est pas étrangère à l'exercice. Outre ses prestations à la radio (avec Pierre Cour), sur scène dans des opérettes ("Le chevalier du ciel" avec Luis Mariano) et à la télévision où elle est régulièrement invité dans l'émission "36 chandelles" de Jean Nohain (avec son mari le compositeur interprète de "Mon manège à moi" Jean Constantin), elle a déjà doublé l'actrice Debbie Reynolds dans la version française des chansons de Chantons sous la pluie et l'actrice Dany Robin sur les chansons de Frou Frou dans le film éponyme. Elle regrette d'ailleurs à l'époque que sa participation soit passée sous silence pour ne pas ternir la gloire de l'actrice principale, malgré la promesse de la créditer au générique.

Mais une fois choisie pour chanter les mélodies de Blanche Neige, elle entend des responsables échanger des propos sur la nécessité de trouver l'actrice adéquat. Elle propose alors de tester pour les dialogues et donne entière satisfaction. Elle reste à ce jour, l'unique interprète française à chanter et parler pour la Princesse, les deux autres versions utilisent deux personnes à chaque fois. Elle chantera encore plusieurs fois dans des films Disney comme Le livre de la Jungle ou La belle et la bête. Lisez l'excellente interview de mon ami Rémi si vous voulez en savoir plus. Et si vous voulez tout savoir sur sa vie, lisez son autobiographie, Hollywood, non merci.
Jean Cussac

De la même façon, le Prince est interprété dans ses quelques dialogues et sur le chant par Jean Cussac, un choriste renommé qui enregistre en même temps le rôle du Prince sur un disque avec Christiane Legrand. C'est pourquoi on s'étonna dans le studio lorsqu'il proposa de chanter les chœurs des nains. Il promit de modifier sa voix en conséquence et le public n'y vit que du feu. Il travaillera à de nombreuses reprises pour les studios Disney en tant que choriste ou même de directeur musical. Rémi a consacré un article à propos de Jean sur la gazette du doublage.


Claude Gensac en 1962
L'actrice qui campa la Reine avait commencé sa carrière cinématographique presque 10 ans plus tôt comme domestique de Michel Simon dans le film La vie d'un honnête homme où son patron lubrique l'imaginait seins nus servant le thé. Claude Gensac partageait alors l'écran avec Louis de Funès qui jouait également un domestique. C'est en tant que femme à l'écran de ce dernier dans de nombreux films qu'elle passera à la postérité, notamment dans la série des Gendarmes, ou encore Oscar, Hibernatus, etc. Elle apporte ici une interprétation toute en majesté encore plus glaciale que les actrices précédentes.

Marie Francey en 1961
Sa voix étant bien trop jeune pour assumer le rôle dans la deuxième partie du film, on fit appel à Marie Francey pour la sorcière. Celle-ci avait déjà interprété Peg dans le doublage français de La belle et le clochard et fait partie des pionnières de la technique du doublage. Elle a en effet prêté sa voix à Bette Davis, Madeleine Carroll, Marlene Dietrich, Gloria Swanson, Thelma Ritter, etc.




Richard Francoeur
Richard Francoeur (ou Frankeur), un acteur de 68 ans à l'époque n'en est pas à son premier doublage : sa voix chaméléon lui a permis de doubler plusieurs célébrités américaines aux personnalités et physiques très différents tels le raffiné George Sanders, l'aventurier Clark Gable ou le séducteur Gary Cooper. Il devient ici le nain Prof. Il doublera aussi l'acteur Billy Gilbert, la voix américaine d'Atchoum, dans le film de 1942 : Les mille et une nuits ainsi que l'acteur Moroni Olsen, la voix américaine du miroir magique, dans le film de 1944 : Buffalo Bill. Plus coquasse encore, dans le film de 1954, Je suis un aventurier, c'est lui qui double l'acteur Eugene Borden, celui là même qui doublait... Prof dans la première version française de Blanche Neige ! Mais vous reconnaitrez sans doute sa voix comme étant celle de l'oncle Edgar (joué par Ed Wynn) dans Mary Poppins.

Raymond Rognoni
Raymond Rognoni, 70 ans lors du doublage, tient le rôle de Joyeux. Ça n'est pas là son coup d'essai avec Disney : il avait précédemment doublé Peter Lorre dans le magnifique 20.000 lieues sous les mers (où Richard Francoeur doublait Paul Lukas), et le Roi Hubert dans La belle au bois dormant. Sociétaire de la Comédie Française et Chevalier de la légion d'honneur depuis 1932 pour son engagement envers les enfants acteurs pour lesquels il a ouvert l'école du spectacle rue Cardinal Lemoine dans laquelle trône toujours son buste. À l'occasion du concours de comédie du conservatoire, Robert de Fleers, prophète, décrit déjà Raymond Rognoni le 10 juillet 1922 comme "une grosse boule joyeuse et sincère." Peut-on rêver meilleur Joyeux ?
Jean Daurand

Atchoum est sans doute le personnage le plus reconnaissable pour les spectateurs français de l'époque. En effet, Jean Daurand, 49 ans lors du doublage de Blanche Neige, apparaît presque tous les mois sur leur petit écran depuis 1958 dans le rôle de l'inspecteur Dupuy du célèbre feuilleton policier "Les 5 dernières minutes", rôle qu'il abandonnera en 1973. Cette série débutera dans un format en direct où l'on peut apercevoir les comédiens se précipiter pour changer de place entre les scènes. Et le dernier épisode sera diffusé en 1996 ! C'est dire sa popularité !



Léonce Corne
68 ans en 1962, Léonce Corne (Grincheux) est un visage familier et une voix non-moins familière au cinéma et à la télévision. La même année, on le retrouve face à Jean Gabin dans Le Gentleman d'Epsom, mais on peut s'amuser à chercher sa silhouette dans de nombreux classiques français comme Nous sommes tous des assassins d'André Cayatte, Le jour se lève de Marcel Carné, Le père Goriot de Robert Vernay, Le ciel est à vous de Jean Grémillon, ou Le mystère de la chambre jaune d'Henri Aisner. Au doublage, il sera la voix de Groucho Marx dans plusieurs films et assure de nombreux seconds rôles dans des films de Billy Wilder, Alfred Hitchcock, etc..

Georges Hubert (Dormeur), 56 ans en 1962, s'apprête alors à connaître son rôle le plus célèbre : il sera en effet la voix française de Q dans la série des James Bond. Mais dans ce domaine, il enchaîne les petits rôles dans des productions célèbres : Les dix commandements, Le faux coupable, Voyage au centre de la terre, etc. Dans le domaine de l'animation, il fera également partie de la distribution de Tintin et le lac aux requins. Il tourne également pour Yves Allégret, Pierre Colombier, Jean Renoir, et bien d'autres.



La refonte complète du générique permet de créditer les artistes français, ce qui n'avait pas été fait précédemment, même sur le nouveau générique américain.

Pourtant, certains acteurs n'ont pas trouvé leur place sur ce carton, vous pouvez trouver sur le blog Dans l'ombre des studios une liste plus complète de ces interprètes :

André Valmy
André Valmy, la voix française du comédien Walter Matthau (Drôle de couple) et de Robert Mitchum, a 43 ans alors et interprète ici le chasseur. Lui aussi est abonné aux seconds rôles au cinéma mais tourne pour Henri Decoin, Yves Allégret, Henri-Georges Clouzot, André Hunebelle, Raymond Bernard, Christian-Jaque... La liste des doublages auxquels il a participé est impressionnante. De Sissi à La fièvre du samedi soir en passant par Les Dents de la mer, il est peu probable qu'un cinéphile français soit passé à côté de sa voix. En animation, comme ailleurs, on retrouve son nom au générique de Bernard et Bianca au pays des kangourous où il incarne le terrifiant Percival McLeach, et les enfants de ma génération se souviendront de sa déchirante interprétation de Vitalis dans la série animée nippone Rémi sans famille, d'après Hector Malot.
Serge Nadaud

Serge Nadaud, 56 ans en 1962, a tourné avec Claude Autant-Lara, Julien Duvivier, Jean Boyer, mais il est surtout une figure incontournable du doublage : outre l'interprétation, il s'acquitte souvent de la direction d'acteurs. C'est lui qui joue ici le rôle du miroir magique. Il est un habitué des productions Belvision pour qui il jouera notamment Rastapopoulos dans Tintin et le lac aux Requins. Il doublera plusieurs fois le rôle de M dans les films de James Bond et l'acteur Spencer Tracy, mais ce n'est là qu'un bien maigre échantillon de sa très longue voxographie.


Sur l'affiche spécialement dessinée dans les ateliers Jacques Fourastié, le film est qualifié d'admirable chef d’œuvre et on retrouve le nom d'Athos film qui se charge de la distribution cette année là. Les personnages sont stylisés et le coup de jeune qu'on a fait subir au film donne tout son sens au slogan : "Blanche Neige nous revient plus jeune que jamais !"

D'autres affiches seront également utilisées : notamment un format horizontal où le Prince emporte dans ses bras la jeune fille sous le regard des nains (ci-dessus). On use aussi dans les publicités de journaux un design repris de l'une des affiches américaines de 1958 où Blanche Neige, entourée des nains, est dessinée de façon plus fidèle au film.
Photo d'exploitation

Un jeu de 20 photos est proposé aux exploitants pour accrocher à l'entrée des salles de cinéma.

Le film sort le 19 décembre 1962 dans 5 salles parisiennes dont voici les chiffres d'entrées par semaine :






1ère semaine
2ème semaine
3ème semaine
4ème semaine
5ème semaine
6ème semaine
Total
Madeleine
(721 places)
11.085
21.156
12.248
6.252
5.235
7.556
 63.532
Mercury
(500 places)
8.170
16.700
11.260
6.500
5.750
8.370
56.750
Images
(789 places)
14.100
24.400
14.550
7.740
8.060
8.500
 77.350
Bretagne
(850 places)
15.897
29.080
17.601
8.747
7.940
-
 79.265
Max Linder
(804 places)
9.300
15.631
11.330
7.030
6.524
8.490
 58.305
TOTAL
(3.664 places)
58.552
106.967
66.989
36.269
 33.509
32.916
335.202

Le film sort ensuite en deuxième exclusivité au Cinémonde Opéra (370 places) et au Royale et fait encore 9.986 entrées dans cette première semaine. Le Cinémonde Opéra engrange encore 5.645 entrées dans la deuxième semaine, puis 5.105 à la troisième, etc. De sorte que Blanche Neige totalise 359.865 entrées pendant ses 10 semaines d'exclusivité parisienne. Sa carrière se poursuit dans 12 salles de quartier et le distributeur communiquera un chiffre de 509.458 entrées le 22 mars 1963.

Tempête à Paris

Une fois encore, la sortie en France de Blanche Neige est saluée par de la neige blanche ! On enregistre un froid record et la première semaine d'exploitation du film en pâtit. Le Journal télévisé du 17 décembre illustre la tempête qui a fait rage sur Paris avec une image d'une publicité du film qui est tombée à terre, soufflée par le vent. Mais Le Film Français note que malgré ces aléas climatiques, en terme de fréquentation des salles, "on avait jamais vu ça".
Le film sort également dans 50 villes de provinces ! Voici quelques chiffres d'entrées (tableau non exhaustif) :





1ère semaine
2ème semaine
3ème semaine
4ème semaine
5ème semaine
Total
L’intendance
(Bordeaux – 350 places)
4.951
8.907
4.655
2.376
2.123
23.012
Cinéac
(Lille – 840 places)
10.994
-



38.716 entrées pour 110.402,50 FF dans les deux salles
Régent
(Lille – 510 places)
17.206
11.273
6.521
3266 (9.469,50FF)

Variétés
(Marseille - 1.100 places)
6.670
-
-
-
-
6.670
Le Paris
(Toulouse - 580 places)
6.391
9.275
5.170
4.982 (14.980,25FF)
2.703 (8.474,50FF)
26.357 (89.820,50FF)
Lyon
(Le duo - 250 places)
4.243
5.816
4.146
2.276
-
62.830 entrées dans les deux salles
Lyon
(Le star)
10.350
15.554
10.158
5.236
5.051
Toulon (Gaumont -1300 places)
12.650

-
-
-



Dès le 17 novembre 1962, au salon de l'enfance, Blanche Neige était présente avec les sept nains : on retrouve les mêmes costumes de nains avec une nouvelle Blanche Neige sur les Champs Elysées le 7 décembre à l'occasion du Noël de l'ambassade américaine, où nos amis incitent les enfants émerveillés à leur passage à visiter leur pays.

Salon de l'enfance
Pour promouvoir le film, on use comme à l'habitude de la radio qui, grâce à un partenariat avec Europe N°1 permet de diffuser 5 à 6 messages par jour pendant plus d'un mois pour inviter le public à se rendre sur le Champs-Élysées où est organisé un grand concours de dessins d'enfants réalisé au bénéfice de l’œuvre "40 millions de lumières" : 50 magasins y exposent ainsi chacun un dessin et vendent 100.000 lumières accompagnées d'un bulletin de vote Blanche Neige pour désigner le meilleur dessin. Ceux qui auront listé les meilleurs dessins dans l'ordre choisi par le jury gagneront, au même titre que les jeunes artistes un voyage à Disneyland - Hollywood. On annonce la présence de Blanche Neige elle-même lors de la délibération qui remettra des cadeaux aux petits paralysés de l'hôpital de Garches. Cet évènement est également annoncé à l'aide d'un film annonce projeté dès le 15 novembre dans 200 salles de France. Europe n°1 reçoit 30.000 dessins. Le lundi 24 décembre, on organisa un cocktail chez Maxim's dans le but de montrer les meilleures œuvres. Parmi les membres du jury, on trouve Maurice Chevalier, le sportif Michel Jazy, l'artiste Jean Carzou, l'affichiste Raymond Savignac, l'illustrateur Jean Bellus et le journaliste Louis Merlin.

Un nouvel allié, indisponible en 1951, va se montrer décisif dans la promotion du film : la télévision.
En effet, depuis le 5 novembre 1961, Pierre Tchernia propose l'émission "L'ami public n°1" sur ce qui est alors l'unique chaîne de télévision française, en noir et blanc, naturellement. Dès ce premier numéro, l'émission s'ouvre par la musique de la chanson des nains, et le miroir magique s'invite à la fête dès la huitième minute.

Séquence de la soupe
Le 7 décembre 1962, dans l'émission "Cinq colonnes à la une", on présente un reportage qui annonce que "Blanche Neige revient" et nous offre un document inestimable : on assiste en effet à l'enregistrement du doublage de la séquence où Blanche Neige rencontre les nains, à la suite de quoi, Pierre Tchernia ressort une séquence de 4 minutes de Blanche Neige qui n'est pas dans le film final : la séquence de la soupe. Naturellement la scène n'est pas terminée et est en anglais, mais Tchernia assure une concise explication par dessus la bande sonore originale.




Le 23 décembre 1962, Blanche Neige fait donc naturellement la couverture de Télé Magazine qui annonce fièrement 4 rendez-vous cette semaine !
Ainsi, ce festival Blanche Neige commence dès ce jour là à 14H30, le dimanche 23 avec les Tousistitis (orthographié "Twistitis" dans le programme) qui animent la partie variété de l'émission "Télé Dimanche" au cours de laquelle on peut également entendre Caravelli et ses violons magiques qui accompagnent Lucie Dolène dans des chansons de Blanche Neige.



On retrouve d'ailleurs dans les bacs un disque instrumental de Caravelli, sans la participation de Lucie Dolène. À la page du mercredi, une publicité pour ce disque détaille les morceaux : Sifflez en travaillant, un sourire en chantant, Un jour mon Prince viendra et Heigh Ho.
Un autre disque sortira ensuite où Caravelli accompagne Lucie Dolène, comme dans l'émission, lequel reprend le visuel de l'affiche du film. Elle y interprète Je souhaite, un chant, Un jour mon Prince viendra et Un sourire en chantant. Malgré le fait qu'elle soit désormais la voix officielle du personnage, il s'agit là de réorchestrations qui, comme d'habitude pour des disques dérivés du film, n'utilisent pas les paroles du dessin animé.

Un des dessins déjà présent dans l'album narré par François Périer sera utilisé pour illustrer la pochette du disque des chansons du film interprétées par la chanteuse Christiane Legrand, qui est accompagnée sur certains titres par Jean Cussac. Ces chansons seront utilisées comme complément de programme sur plusieurs disques contemporains et postérieurs et seront même réutilisées en 1963 (sans pour autant créditer les interprètes) dans un disque américain "Snow White in French and English" qui alterne les chansons américaines enregistrées par Tutti Camarata et les versions françaises de Christiane Legrand.
Et enfin on peut se procurer le disque des Touistitis qui nous chantent Sifflez en travaillant et Heigh Ho (prononcez "éyo").

À 12H30 jeudi 27, La séquence du jeune spectateur, une émission de Claude Mionnet présentée par une petite marionnette, traite de deux films : Un petit coin de Paradis avec Romy Schneider et "un film vraiment à part, un merveilleux conte de fée" Blanche Neige et les sept nains. À la page du jour, on trouve également une publicité pour le Journal de Mickey qui publie l'adaptation du film en bande dessinée en couleurs.

Le samedi 29 décembre à 20H30 Pierre Tchernia nous présente Blanche Neige pendant un quart d'heure.
Walt Disney & Pierre Tchernia

Le 31 décembre 1962, L'ami public n°1 suit Pierre Tchernia dans son voyage en Californie où il s'est invité aux studios Disney et à Disneyland. Le reportage le montre en compagnie de Clarence Nash, des animateurs et de Walt Disney lui-même. On nous propose 6 minutes d'extrait de Blanche Neige qui découvre la maison des nains et chante Sifflez en travaillant.

Ce même jour, à 20H45, Isabelle Aubret (qui avait remporté en mars la troisième victoire de la France à l'eurovision) chante, déguisée en Blanche Neige "Un jour mon Prince viendra" dans l'émission "La grande farandole". L'émission s'ouvre d'ailleurs avec les sept nains qui ne sont autre que les présentateurs Roger Pierre & Jean-Marc Thibault, accompagnés de Maurice Biraud, Jean-Claude Pascal (le vainqueur de l'eurovision 1961 pour le Luxembourg), Jean-Pierre Cassel, Gilbert Bécaud et Pierre Tchernia !

Isabelle Aubret sort donc un disque de chansons de Blanche Neige, où elle est accompagnée par Gilbert Le Roy et son orchestre.


On l'a évoqué, Le journal de Mickey publie dès le 9 décembre 1962 la première planche de la bande dessinée de Blanche Neige. Si celle ci réutilise des graphismes relativement similaires à celle de 1938, l'adaptation est différente. Par exemple, la rencontre avec le Prince ne se fait plus avec l'aide d'un baquet mais celui-ci se fait néanmoins emprisonner, un rebondissement qui était prévu dans le film mais qui avait été abandonné.

Un nouveau livre-disque est également enregistré pour coïncider avec la sortie du film : sur une adaptation de Jean Baitzouroff, c'est Dany Robin qui conte l'histoire sur cet enregistrement qui sera maintes fois réédité avec des pochettes différentes. Sylvine Delannoy (La mariée était en noir) y interprète la Princesse, Claude Nollier (Moulin Rouge) joue la Reine et Gaëtan Jor joue Grincheux, Atchoum et le miroir magique. Le reste des rôles sont tenus par François Timmerman, Roland Roessler (ou Roland Koessler) et Fred Descamp (ou Fred Descamps). Les chansons de Christiane Legrand (voir ci-dessus) sont mixées dans l'histoire. Détail cocasse : les animaux que l'on retrouve à la première page sont Bambi et Panpan.

Ces mêmes chansons sortent aux Etats-Unis, alternées avec la toute récente interprétation de Tutti Camarata pour l'album Snow White in French and English.

En 1964, une nouvelle édition du premier enregistrement de l'histoire de Blanche Neige fait de
nouveau surface : après sa sortie initiale de 1938 en deux 78 tours, puis sa ressortie en 45 tours de 1955, voici qu'un 33 tours propose en face B l'histoire contée par Adrien Lamy avec Elyane Célis en vedette. Sur la face A de ce même disque, on nous propose l'histoire d'Alice au pays des merveilles avec Marie-Claire Marty dans le rôle vedette.

Dès 1967, une nouvelle version de l'histoire voit le jour avec Claude Nicot comme narrateur, Anna Gaylor dans le rôle de Blanche Neige et Monique Martial dans celui de la Reine. L'histoire commence comme le film "il y avait une fois...". Les illustrations sont celles du livre Hachette de 1951 dans la collection des albums roses. À la fin de l'histoire, on retrouve une fois encore les chansons Heigh Ho et Sifflez en travaillant chantées par Christiane Legrand.

En 1968, c'est Caroline Cler qui nous conte la version française du livre disque "Les sept nains et la mine de diamants". Elle interprète tous les rôles. Sur l'une des illustrations, les nains tiennent une partition intitulée "You're never too old to be young", une chanson prévue pour le film mais abandonnée. C'est que dans la version américaine du livre disque, les nains chantent effectivement cette chanson ainsi que Music in Your Soup, une autre chanson coupée du film original.

Les disques ne sont pas seuls à faire perdurer la magie du film à travers les années. La télévision continue sur sa lancée et on y aperçoit régulièrement des images du film, désormais avec son nouveau doublage. Ainsi, c'est le miroir magique qui nous présente l'émission du 2 janvier 1964 "À nous l'an 2000".
S.V.P. Disney

Pour les fêtes de Noël cette année là, on inaugure un nouveau concept d'émission qui se poursuivra jusqu'en 1989 ! En effet, S.V.P. Disney propose aux jeunes téléspectateurs de téléphoner pour choisir parmi une liste annoncée, le film de Disney dont ils souhaitent voir un extrait diffusé ce soir là. Le présentateur de l'émission est tout naturellement Pierre Tchernia.
Première de Mary Poppins

Mais le rendez-vous régulier des amateurs de Disney est l'ami public numéro 1 et dans l'émission du 3 octobre 1965 on nous présente plus de 4 minutes de la tyrolienne des nains. Dans cette même émission, on peut voir Blanche Neige en personne assister à la première de Mary Poppins en compagnie de Walt Disney lui-même. Le commentateur ajoute que la dernière grande première mondiale du célèbre producteur était celle de 1937 pour Blanche Neige et les sept nains.

Le lendemain de la mort de Walt Disney, la séquence de la soupe est rediffusée dans une version plus écourtée dans l'émission "Panorama, le magazine de l'actualité télévisé" du 16 décembre 1966, cette fois avec une présentation par Walt Disney lui-même interviewé spécialement par Pierre Tchernia. On enchaîne cette fois sur une vingtaine de secondes de La tyrolienne des nains.

Le 30 décembre 1966, pour S.V.P. Disney, l'un des premiers films choisi est, comme souvent, Blanche Neige et les sept nains dont on peut voir 5 minutes et 40 secondes de la séquence de la découverte de la maison des nains. Le 24 décembre 1967, c'est 4 minutes de La tyrolienne des nains.

L'édition du 10 décembre 1967 de L'ami public n°1 s'ouvre même sur un bref extrait de quelques secondes de l'horloge - crapaud des nains qui sonne. Mais les amateurs du film ne restent pas sur leur faim : on peut y voir ensuite 6 minutes et 20 secondes de plus où la Reine ordonne au chasseur de tuer la Princesse, ainsi que la scène suivante jusqu'à la fin de la chanson Un sourire en chantant.
Le 31 mars 1968, Pierre Tchernia propose une nouvelle fois un extrait de 3 minutes de Blanche Neige dans L'ami public numéro 1 dont le thème est l'animal : il s'agit de Sifflez en travaillant où tant d'animaux l'aident à laver la maison.
Le 13 octobre 1968 : Pierre Tchernia ressert la soupe et la séquence qui va avec. L'émission se poursuit avec une minute et 25 secondes de la séquence du puits aux souhaits.



Le 25 décembre 1968, il est temps de retrouver S.V.P. Disney qui annonce la couleur et s'ouvre sur un plan des figurines des sept nains. Pierre Tchernia ne s'étonne plus alors que "chaque année, nous trouvons en numéro 1 Blanche Neige". Et il nous propose donc la scène des nains dans la mine, mais il nous explique que le film étant extrêmement demandé pendant les fêtes, toutes les copies françaises qui étaient à Paris sont parties dans les cinémas où elles sont projetées et il reste simplement une copie anglaise. Pour une fois les nains chantent donc avec leurs voies originales à la télévision française.
Ce petit discours prouve que le film, s'il n'a pas bénéficié d'une sortie nationale depuis 1962, continue d'être proposé occasionnellement dans certaines salles, et plus particulièrement pendant les fêtes .
Le 25 décembre 1969, toujours dans cette émission, c'est la séquence de Sifflez en travaillant qui est à l'honneur. Mais étonnamment, c'est la première version française qui est proposée. Une apparition bien tardive d'une bande aujourd'hui indisponible !
Le 25 décembre 1970, c'est maintenant une habitude de retrouver une image de Blanche Neige découvrant les nains derrière le logo de l'émission. Une fois de plus, "il y a une énorme majorité" de votes pour Blanche Neige, satisfaits par 3 minutes de La tyrolienne des nains.
Le 25 décembre 1971, Lucie Dolène est de nouveau la voix de Blanche Neige sur Sifflez en travaillant pendant 4 minutes.

Le 25 décembre 1972, pour la première fois, malgré la diffusion de plus de 3 minutes d'Un sourire en chantant, Blanche Neige n'est pas le premier film demandé. Pierre Tchernia s'explique cela par le grand succès de films comme Le Livre de la Jungle, ainsi "Blanche Neige est peut être un peu plus oubliée", mais il annonce une bonne nouvelle : nous aurons l'occasion de la revoir ou de la découvrir à Noël 1973, une année particulière pour les studios Disney qui fêteront alors leur cinquantenaire.

Retrouvez d'autres informations sur Blanche Neige sur le site La BlancheNeigeothèque


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2 commentaires:

keymumu a dit…

Superbe vos articles, ils devraient figurer comme patrimoine pour l'INA ou autre!

Ce genre de documentaire écrit, fait par des fans, avec pleins d'anecdotes obscurs disparaissent souvent quand certains sites ne sont plus mis à jour, j'espère que le votre perdurera! ^^

Greg Philip a dit…

Merci infiniment ! Je continuerai à l'alimenter tant que l'inspiration sera là et que mes autres activités me le permettront.

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