mercredi 22 août 2012

Confidential

Au bureau, L'autre jour, une de mes collègues lisait un magazine trash avec des photos dénudées d'une starlette de la "télé réalité" étalées en première page, accompagnées d'une citation assurant qu'elle n'était pas une pute quand chaque atome de son être prouvait le contraire

Il était une fois une époque où les stars de cinéma construisaient leur succès sur le talent plutôt que les scandales qu'ils évitaient d'ailleurs comme la peste. Pourtant les ragots n'ont pas attendu le 21ème siècle pour s'inviter dans la presse.

A Hollywood, le pionnières du genre étaient deux "journalistes". Sbire de William Randolph Hearst, Louella Parsons fut la première à occuper la scène. C'est elle qui présenta à son patron l'actrice has-been Hedda Hopper, et les deux femmes devinrent rivales depuis lors. Si l'on en croit David Niven, leur principale méthode pour obtenir des informations consistait à préparer un verre corsé à leur invité et à le cuisiner en le menaçant de révéler leurs secrets si elles n'obtenaient pas le renseignement qu'elles voulaient.

Louella Parsons & Hedda Hopper
A cause d'elle, des étoiles brillèrent et d'autres s'éteignirent. Hedda nourrissait une haine intense envers Charlie Chaplin et lui crachait son venin aussi souvent qu'elle le pouvait, alors que Louella se battait contre Citizen Kane et son réalisateur Orson Welles qui avait osé caricaturer son patron dans le film.

Parmi les premiers scandales, on compte la mort de Virginia Rappe lors d'une fête pour laquelle Roscoe “Fatty” Arbuckle fut envoyé en prison,  Et même si sa renommé était auparavant comparable à celle de Chaplin, sa carrière ne s'en remit jamais et, des dizaines d'années plus tard, il ne put tourner quelques films derrière la caméra qu'à la condition de prendre un nom de guerre.

Le réalisateur Thomas H. Ince fit les gros titre du Los Angeles Times en 1924 lorsqu'il mourut. Le journal expliquait qu'il avait été tué par balle à bord du yacht de William Randolph Hearst malgré les dires de son médecin qui l'avait déclaré mort chez lui d'un arrêt cardiaque.

La carrière de l'acteur gay William Haines fut ruinée publiquement par la MGM parce qu'il se refusait à nier son homosexualité.

Pourtant, en général, la vie privée des stars était protégée par les studios et leurs départements publicité. Des articles sur les acteurs gay comme Clifton Webb, Cesar Romero, Tab Hunter, Anthony Perkins, apparaissaient périodiquement dans les magazines, décrivant leur vie heureuse de "célibataires confirmés", généralement illustrés de photos les montrant entourés de jeunes filles, au cas où quelqu'un ait les idées mal placées.

Avec le déclin des studios, la protection qu'ils assuraient disparut également, et en 1952, Robert Harrison décida qu'il était temps qu'un magazine traite de ce que le public n'aurait jamais osé admettre vouloir lire: les ragots.

Le magazine Confidential débarqua dans le stands en décembre de cette année là et son succès instantané prouva que Harrison avait raison. Des articles sur la condamnation de Robert Mitchum pour consommation de drogue, sur le divorce de Marilyn Monroe, ou les préférences sexuelles de Liberace assurèrent les excellentes ventes de la publication.

Même si la plupart des ragots étaient inventés de toutes pièces, comme c'est encore souvent le cas pour ces magazines, les vannes étaient ouvertes pour d'autres revues similaires. L'industrie du cinéma commença par contre-attaquer. De nombreux procès furent intentés par Lizabeth Scott, Maureen O’Hara, Robert Mitchum, Dorothy Dandridge, Liberace, etc.
Mais on dût composer avec ce nouveau venu et l'agent Henry Wilson, par exemple, “vendit” une histoire sur le passé criminel de Rory Calhoun en échange du silence de Confidential sur l'homosexualité de son plus célèbre client Rock Hudson.
Des acteurs moins connus comme Barbara Payton utilisèrent le magazine pour aider leur carrière à monter.
Maureen O'Hara au procès
Même si l'influence du journal baissa considérablement après les procès et la pression des studios à la fin des années 1950, sa publication continua jusqu'à 1978.
L'acteur Tab Hunter alla jusqu'à appeler son autobiographie “Tab Hunter Confidential”, car l'influence du magazine sur sa vie fut décisive à une époque où le mot "gay" n'existait pas. Et celle d'Errol Flynn s'appelle Mes 400 coups (My wicked wicked ways), qui était également le titre d'un article sur lui.
Dans l'excellent "LA Confidential", ne cherchez pas l'inspiration pour le magazine "Hush Hush".
Et dans son livre Groucho Marx, l'auteur du même nom reproduit sa lettre à l'éditeur du magazine après la parution d'une histoire de trop sur son penchant pour les jeunes filles et sur le fait que son émission télé You Bet Your Life était soi-disant truquée. Il y écrivait : "Messieurs? Si vous continuez d'écrire des articles sur moi, je me verrai dans l'obligation de résilier mon abonnement."
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C'est tout pour aujourd'hui les amis! A bientôt!

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