lundi 22 octobre 2012

Le droit d'aimer

"C'était, après tout, censé être l'avantage principal des films - ils devaient être éternels." écrivait naïvement Gloria Swanson dans son autobiographie de 1980. Mais elle devait admettre qu'il ne restait aucune copie connue de son film de 1922, Le droit d'aimer, dans lequel elle partageait la vedette avec le légendaire Rudolph Valentino (ou Rodolph comme il se faisait appeler alors).


A l'époque, deux stars de cette stature n'apparaissaient jamais ensemble dans un film pour la bonne raison que leurs contrats ne le prévoyaient pas. Et de fait, celui de Gloria Swanson comportait bien une clause à cet effet. Malgré son enthousiasme à jouer avec le latin lover, elle affecta de faire une faveur au producteur Jesse Lasky, en échange de quoi il lui offrit des congés payés en France. C'était pour elle l'occasion d'échapper aux rôles comme celui du droit d'aimer.

Dans le documentaire de Kevin Brownlow "Hollywood", Swanson décrit ses rôles de l'époque :
"A chaque film, la traîne s'allongeait, la coiffure était plus élaborée jusqu'à ce que j'en ai eu assez, et que j'ai crié : je ne veux pas être le mannequin de service". Elle partit donc en France pour tourner des rôles de qualité comme dans Zaza.

Le droit d'aimer appartient bien à la catégorie précédente. Elle y portait plus d'un million de dollars de bijoux et des costumes très élaborés.

Dès le tournage, la censure força le réalisateur à tourner deux versions des scènes d'amour. Une pour les Etats Unis, dans laquelle les baisers ne pouvaient durer plus de 3 mètres de film, et une autre non censurée pour les versions étrangères.

En l'an 2000, Joop van Liempd, un collectionneur de vieux films néerlandais mourut, et légua 2000 boîtes de films, la plupart sans étiquettes. Il fallut trois ans supplémentaires pour découvrir les 7 bobines du droit d'aimer parmi elles.

Il semble que sept minutes seraient encore manquantes, probablement à cause de mauvaises conditions de stockage. Quelques scènes montrent d'ailleurs de forts signes de décomposition. Mais la copie de van Liempd est évidemment la version Européenne, et donc non censurée.

Quid du film lui-même ? Sam Wood offre ici une réalisation compétente, bien que peu imaginative d'une histoire téléphonée de triangle amoureux écrite par Elinor Glyn. Pourtant, le film reste captivant, principalement grâce à ses deux vedettes.

Si vous désirez vous faire votre propre opinion, le film est disponible en DVD .


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