jeudi 9 mai 2013

Pearl White et Les exploits d'Elaine

Vous ne vous souvenez peut être pas de Pearl White ou de son film le plus célèbre : Les exploits d'Elaine (The Perils of Pauline). Avec le réalisateur français Louis Gasnier, elle a rendu populaire une formule relativement neuve à l'époque: le serial. Et de fait, Pearl fut surnommée la Reine du serial. Les spectateurs se ruaient vers les cinémas chaque semaine pour savoir comment elle s'était échappée du danger du dernier épisode.
Le terme “Cliffhanger” prit même son origine dans ce film car être suspendue au bord d'une falaise (cliff) était un de ses nombreux exploits.


Derrière la caméra: Pearl "dans les airs".
Louis Gasnier fait lui-même une apparition à l'écran, lorsque l'héroïne cherche à percer dans le cinéma.
14 épisodes furent prévus (d'une ou deux bobines), et on dût en tourner 20 pour satisfaire le public avide de sensations fortes.
Ainsi, Pearl White devint plus célèbre encore que Mary Pickford ou Lilian Gish à l'époque. Elle rencontra même Sarah Bernhardt durant le tournage du Courrier de Washington car l'actrice française était une grande fan de ses films. Pearl avait commencé sa carrière cinématographique avec une perruque blonde car elle trouvait que le rendu était meilleur à l'image. Cela devint sa marque de fabrique et elle la garda, sauf à la ville où il lui suffisait de l'enlever pour passer incognito.







Elle écrivit même une des (sinon la) premère autobiographie d'une star de l'écran en 1919, “Just Me” dans laquelle elle révèle qu'elle a dû apprendre à nager, jouer au tennis ou piloter un avion pour Elaine.
Après 1919,  elle décide de tenter sa chance dans les longs métrages et signe avec la Fox. Malgré de bonnes critiques, le succès n'est pas aussi franc et elle retourne un serial, Plunder, in 1923.
Les producteurs engagèrent des professionnels pour remplacer Pearl White sur des cascades qu'elles faisait autrefois toute seule. L'un de ces cascadeurs, John Stevenson, mourut sur le tournage en sautant d'un bus.
Pearl dans son dernier rôle
Couplé avec le suicide de son ex-mari qui n'avait jamais digéré le divorce, cet évènement la fit graduellement se retirer de l'attention du public. Elle émigra en France pour tourner un dernier film en 1925, Terreur, et pour se produire sur scène.
Malheureusement, une bonne partie des films dans lesquels elle apparaît sont souvent partiellement ou complètement perdus. Les exploits d'Elaine ne subsiste que dans sa version française remontée en 9 épisodes, sur un support de 28mm. Le film est néanmoins disponible en DVD.


La traduction du titre français s'explique par le serial suivant tournée par Pearl White, Les mystères de New York (The Exploits of Elaine), parvenu jusqu'à nous et qui a été sélectionné pour le National Film Registry en 1994. En effet, lors de leurs sorties françaises, ces films étaient remontés et la confusion autour de leurs titres et histoires étaient encouragés par Pathé qui donnait ainsi l'impression d'une longue série ininterrompue des aventures du personnage de Pearl White.
Celle-ci mourut donc en France, accro à l'alcool et aux médicaments, oubliée du public en 1938.
Elle s'était attachée à ce pays grâce à ses collègues de Pathé où elle avait commencé sa carrière.
Comme les studios d'alors se trouvaient à Fort Lee dans le New Jersey, elle n'aura jamais été à Hollywood.
En 1947, un film proposa une version très romancée de sa vie, Les exploits de Pearl White avec Betty Hutton, une autre star tombée peu après du firmament, comme je l'ai raconté dans cet article.


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