Son travail ne se résume pas à cela et j'ai été surpris en commençant mes recherches de trouver si peu d'information en français concernant celle qui était selon un article de Mon Ciné de 1923 (où elle avait pourtant déjà cessé de tourner) "une des artistes américaines les plus aimées en France." Les rares filmographies que j'ai trouvées ne se donnaient même pas la peine de donner les titres français de ses œuvres, et même le site Pathé dont la compagnie s'est pourtant parfois chargé de la distribution de ses films, indique pour plusieurs d'entre eux qu'ils n'ont "pas été édités en France". Or, j'ai trouvé dans les journaux d'époque l'information inverse. J'ai souhaité présenter ici, outre un résumé de sa vie, les nombreux titres français d'époque des films de l'actrice dont la grande majorité ont bel et bien été distribués en France. J'ai parallèlement soumis ces titres ainsi que les dates de sortie trouvées à l'Imdb pour faciliter les recherches futures.
Enfant de la balle
Née Juliet Reilly d'une famille où la vedette était à l'origine sa sœur Margaret, enfant poussée sur les planches par leur mère Lily Pearl Miles, elle-même actrice sous le nom de Charlotte Shelby.![]() |
| À 6 ans |
Juliet prit le même chemin que sa soeur dès l'âge de cinq ans et fit ses débuts en arborant le nom adopté par les trois femmes : Shelby.
Elle bénéficia de critiques favorables pour la pièce Cameo Kirby avec Nat Goodwin en 1907. Cinq ans plus tard, le producteur Pat Powers l'engagea pour un film intitulé The Nurse financé par une compagnie de New York qui déménagea en Californie juste après le tournage et changea son nom en Universal. (Il s'agit là du même Pat Powers qui arracha son équipe à Walt Disney.)
![]() |
| À 8 ans |
Le National Child Labor Committee, alors nouvellement créé, bataillait pour obtenir des lois contre le travail des mineurs et la jeune Juliet était en danger de perdre son rôle dans la pièce The Littlest Rebel avec William et Dustin Farnum parce qu'elle n'avait pas encore 16 ans. Ainsi Charlotte, à l'aide du certificat de naissance d'un membre de la famille décédé,changea son âge et son identité en Mary Miles Minter. Par la suite, certains magazines plaisantèrent qu'elle était "la seule interprète de l'écran qui ait huit ans de moins que son âge.".
Premiers pas au cinéma
Avec ce nouveau nom, Mary signa un contrat en 1915 pour un film à la Cendrillon adapté d'une pièce qu'elle avait jouée auparavant et intitulé The Fairy and the Waif, qui contrairement à The Nurse, a survécu jusqu'à nous. Sa mère y jouait aussi un rôle. Le succès de ce film incita la compagnie Métro à l'engager en juillet 1915 pour six films sur une période d'un an.Ce fut Mary l'espiègle (Always in the Way), où sa mère se réserva un rôle, et où Mary joue le rôle d'une fille abandonnée qui voyage en Afrique. Le film fut réalisé par J. Searle Dawley, qui dirigea deux ans plus tard Snow White avec Marguerite Clark. L'abandonnée (Emmy of Stork's Nest) est le premier d'une longue liste de films où les personnages de Mary se trouvent confrontés à des différences sociales qui s'opposent à une romance.
Barbara Frietchie est un film historique sur la guerre de sécession réalisé par le mari d'Alice Guy, Herbert Blaché et dans lequel joue la vedette Anna Q. Nilson.
Le film suivant, Rose of the Alley, parle de Nell, qui tente de réformer son voyou de frère. Dans Dimples, Mary joue de nouveau le rôle d'une orpheline qui tombe amoureuse. Cette fois, elle cache de l'argent dans sa poupée qui ressortira à point nommé pour une fin heureuse. La mère de Mary y apparait une ultime fois.
Avec Lovely Mary, filmé en extérieur en Floride, le contrat de Mary avec la Metro se termina. Il semblerait que la façon de gérer les affaires par Charlotte avait déplu à Louis B. Mayer. En conséquence, il décida de remonter l'un de ses films, Rose of the Alley, non pas pour profiter de la popularité de l'actrice, mais pour réduire son rôle à une apparition. Le résultat sortit en 1917 sous le titre Somewhere in America.
De la Metro à l'AFC
Mais en juillet 1916, Mary signa un contrat de 6 films avec l'American Film Corporation au sein de laquelle son étoile ne fit que briller de plus belle. On renouvela le contrat plusieurs fois jusqu'en juillet 1919.![]() |
| Photo de tournage de Charme Vainqueur |
![]() |
| Charme Vainqueur |
Dans la production suivante, L'enfant du pêché (Faith ou The Virtuous Outcast), elle s'accuse d'un vol commis par sa sœur jouée par sa véritable sœur Margaret.
![]() |
| Mary dans l'Innocence de Lizette |
Elle joue ensuite une riche amnésique qui devient La petite danseuse des rues (A Dream Or Two Ago), et une orpheline qui trouve un poupon sur son perron dans L'innocence de Lizette (The Innocence of Lizette), deux films restaurés en 2004, mais toujours indisponibles en vidéo. On peut toutefois voir la version néerlandaise de ce dernier par EYE avec des sous-titre ici :
![]() |
| Le soupçon |
En 1917 Mary continua sa collaboration avec Kirkwood avec la sortie de La gentille intruse (The Gentle Intruder) dans lequel un avocat s'approprie son héritage. Dans Le soupçon (Environment), elle s'accuse une nouvelle fois à la place de la mauvaise fille, jouée par sa soeur Margaret. L'acteur qui partage l'écran avec elle dans ces films est George Fisher qu'elle retrouve également dans La fille adoptive (Annie For Spite), étonnement retitré Sally Shows the Way (il n'y a pas de Sally dans l'histoire) où elle est encore orpheline.
Dans son film suivant La petite naufragée (Periwinkle), une autre histoire d'orpheline qui se marie à un jeune homme riche à la fin, bien que George Fisher assume une nouvelle fois ce rôle, un nouveau membre de la distribution de ses films fait sa première apparition : Allan Forrest. Il prendra de plus en plus d'importance comme dans Mary l'enfant volée (Melissa of The Hills) et deviendra "l'homme" de Mary dans tous ses films AFC, à commencer par Rayon d'or (Charity Castle).
![]() |
| L'American Theater à Oakland, Californie en 1917. |
La fille du fugitif (Her Country's Call ou The Call to Arms) était le dernier d'un cycle de 4 films de Benjamin Chapin sur la vie d'Abraham Lincoln.
Mary partage de nouveau l'écran avec sa sœur dans La ruse de Mary (Peggy Leads the Way) dont une copie subsiste aux archives de l'UCLA.
![]() |
| La ruse de Mary avec Allan Forrest |
![]() |
| The Mate of the Sally Ann |
![]() |
| Powers That Prey |
Le collier d'émeraudes (A Bit Of Jade) est une histoire de collier subtilisé qui finit en mariage. Dans Son triomphe (Social Briars), toujours par Henry King, Mary est une orpheline rejetée par sa famille adoptive.
Les deux films suivants ont survécu : Lettres d'autrefois (The Ghost Of Rosy Taylor - non pas une histoire de fantômes mais d'identité usurpée) et Pour les beaux yeux de Mary (The Eyes of Julia Deep) sont tous deux disponibles en DVD chez Grapevine.
![]() |
| Lettres d'autrefois |
La petite fée d'Irlande (A Bachelor's Wife), toujours avec Margaret, où elle joue une irlandaise qui voyage aux États-Unis, et Yvonne (Yvonne From Paris) furent ses derniers films pour l'American Film Corporation.
Mary remplace Mary
En 1919, Mary Pickford annonça qu'elle quittait la Paramount pour fonder son propre studio, United Artists, avec son mari Douglas Fairbanks et la superstar Charles Chaplin. Elle suggéra apparemment elle-même aux studios d'engager Mary Miles Minter pour la remplacer à Paramount. On annonça vite qu'Adolf Zukor avait signé avec elle pour trois ans, 20 films et un salaire de 1.300.000 dollars. En échange de cette somme fabuleuse, l'actrice devait se soumettre à une clause morale et une vie de recluse.![]() |
| Cœur d'or |
Le premier film tourné selon ces termes et sans doute le plus célèbre de Mary Miles Minter. Dans une brève réponse aux lecteurs du magazine "Cinéa-Ciné pour tous" le 15 août 1924, on apprend son titre de sortie en France : L'espiègle (Anne of Green Gables), adapté du classique de Lucy Maud Montgomery. Malheureusement, le film est perdu.
William Desmond Taylor et la maturité
Il marqua aussi la première collaboration de la vedette avec le réalisateur William Desmond Taylor qui avait précédemment dirigé Dustin Farnum dans Davy Crockett, Jack Pickford dans Tom Sawyer et sa célèbre soeur Mary Pickford dans La petite vivandière (Johanna Enlists).Mary, qui avait si souvent joué les orphelines à l'écran, avait elle-même grandi sans père, et lorsqu'à 17 ans elle rencontra le réalisateur de 47 ans, elle développa un amour de petite fille au fil de leur collaboration sur 4 productions: Le loupiot (Judy of Rogue's Harbor), La jolie infirmière (Nurse Marjorie - disponible en DVD), et L'enfant de la tempête (Jenny Be Good - avec Margaret).
![]() |
| Le loupiot |
Un autre de ses metteurs en scène à la Paramount fut Charles Maigne, avec qui elle tourna Une Idylle au Cumberland (A Cumberland Romance - le film devait s'appeler Un drame au Cumberland lorsqu'il fut présenté à la presse parisienne mais le titre changea avant la sortie), et qui dirigea ses derniers films.
| La jolie infirmière |
Paul Powell, lui, réalisa Ginette (Sweet Lavender) et Eyes of the Heart (où elle interprète le rôle d'une aveugle). Vint ensuite Chester McFranklin, qui avait travaillé avec Norma Talmadge et avait peu avant cela dirigé deux adaptations de contes des 1001 nuits et de L'île au trésor de Stevenson. Avec elle, il tourna Nos chers disparus (All Soul's Eve), dans lequel elle joue un double rôle avec Jack Holt.
![]() |
| L'enfant de la tempête |
| L'indésirable |
Elle tourna un film dans le milieu du cirque intitulé L'indésirable (The Little Clown). Puis deux autres sur le mariage, Appelez-moi Mademoiselle (Don't Call Me Little Girl), and Comment choisir un mari ? (Moonlight And Honeysuckle) réalisés par Joseph Henabery, tout comme le suivant : Le chapitre de l'amour (Her Winning Way), où elle joue une paparazzi qui joue un vilain tour à un auteur.
Pour Le roman de cousine Laure (Tillie), son vieux complice Allan Forrest revint à ses côtés. Dans ce film, elle doit se convertir au mennonitisme afin de recevoir un héritage et elle en vient à tenter de se suicider. Pas exactement le type de péripétie que le spectateur d'alors attendait de ses films.
![]() |
| Appelez-moi Mademoiselle |
Le scandale
Mais avant même la sortie de son prochain opus, un scandale allait ébranler Hollywood : son ancien réalisateur William Desmond Taylor fut assassiné dans la nuit du 1er février 1922. Plusieurs célébrités furent considérées comme suspectes, bouleversant ainsi leur vie et leur carrière Parmi elles se trouvaient Mabel Normand, Mack Sennett, Mary Miles Minter (qui, si l'on en croit ses propres dires, avait une liaison avec lui) et l'envahissante mère de Mary, Charlotte.Si l'affaire eut un fort impact sur l'avenir de Mary, il est incorrect de dire qu'il a suffit à arrêter sa carrière: elle continua à tourner après la mort de Taylor. Sa liaison avec un homme de 30 ans son ainé, rapportée abondamment dans la presse, changea pourtant son image vertueuse à tout jamais dans l'esprit du public.
Allan Forrest fit de nouveau partie de la distribution de son nouveau film, The Heart Specialist, et on y trouva également Roy Atwell, qui fut la voix américaine de Prof dans Blanche Neige et les sept nains. Il resta d'ailleurs avec elle dans le film suivant : South of Suva.
![]() |
| Avec Roy Atwell dans The Heart Specialist |
Loin de son image habituelle, Mary Miles Minter joua dans un western tourné dans une réserve indienne du Wyoming et intitulé Le mystérieux coupable (The Cowboy And The Lady).
Les deux derniers films de Mary furent Drums Of Fate, où ses aventures l'emmènent en Afrique et De la haine à l'amour (The Trail of the Lonesome Pine).
![]() |
| De la haine à l'amour |
La retraite
Mary annonça sa retraite après ça lorsqu'elle refusa d'apparaitre dans La caravane vers l'ouest (The Covered Wagon). Elle avait déjà fait un western et n'appréciait sans doute guère le genre. Le rôle fut offert à Lois Wilson qui profita du succès phénoménal de la super production.![]() |
| La caravane vers l'ouest |
![]() |
| Mary Miles Minter en 1934 |
Elle épousa Brandon Hildebrandt, agent immobilier, en 1957.
En 1981 un ancien employé de maison pénétra chez elle et la frappa violemment pour la voler. Elle survécut, mais mourut trois ans plus tard d'un arrêt cardiaque.
Certains de ses films existent toujours, mais trop peu sont visibles du grand public et les rares qui ont été restaurés ne sont pas disponibles en DVD. Je vous suggère d'aller sur ce site qui lui est dédié pour plus d'informations et de cliquer "j'aime" sur ma page Facebook pour obtenir les mises-à-jour du blog.
N'oubliez pas de cliquer "j'aime" sur la page Facebook si vous aimez ce blog.
C'est tout pour aujourd'hui les amis ! À bientôt !








.jpg)

















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Bonjour, suite à un problème technique, je ne peux plus répondre aux commentaires. Merci de me contacter via Facebook (lien à la fin de chaque article).
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.